Les Dogons

Les Dogon sont un peuple du Mali. Ils occupent la région des ‘’falaises’’ de Bandiagara depuis le XIIIème siècle environ.

Ce sont avant tout des cultivateurs, réputés pour leur cosmogonie et leurs sculptures [lien vers l’encart Patrimoine mondial de l’UNESCO]. Découvrez quelques éléments de leur histoire et leur culture

Origine de la population

Les Dogon occupent, depuis le XIII ème siècle environ, la région des ‘’falaises’’ de Bandiagara. 

Ils ont une langue commune le ‘’dogoso’’ : « parole ou langue de Dogon ». Elle comporte cependant de nombreux dialectes présentant des différences de lexique et de morphologie. Le « dyamsay » est le dialecte dans lequel sont énoncées les prières traditionnelles, les chants rituels, les devises et notamment le titre d’honneur des Arou.

Selon la tradition, les Dogon seraient originaires du Mandé. Refusant de se convertir à l’Islam, ils émigrèrent pendant plus d’une centaine d’années avant de s’installer dans les falaises de Bandiagara.

Ils sont répartis en quatre tribus : Dyon, Ono, Domno et Arou et ils gardent encore très vif le sentiment d’appartenance à leur tribu.

Organisation sociale

Les Dogon sont des cultivateurs. Les activités quotidiennes sont réglées au rythme des saisons. L’année commence lors de la récolte du mil qui est le moment clé de l’activité, car le mil forme la base de l’alimentation. La culture des oignons qui a commencé plus tardivement avec la création de barrages et des retenues d’eau se déroule pendant la saison sèche. 

Les artisans du fer, du bois et du cuir forment des castes et traditionnellement ne peuvent pas avoir de relations sexuelles avec les membres du groupe des cultivateurs. 

Ils ont une organisation patriarcale. La semaine de 5 jours est
ponctuée par l’organisation d’un marché.

Religion des Dogon

Les dogon, sont traditionnellement de religion animiste même si depuis de très nombreuses années, protestants, catholique et plus récemment, musulmans ont invité plus ou moins radicalement la population à se convertir.

Je citerai l’introduction de la remarquable étude de Germaine Dieterlen sur les Âmes des Dogons pour présenter le croire du pays dogon, tel que les ethnologues français l’ont retranscrit.

« Les mythes des Dogons sont étiologiques. Ils exposent la création du monde par le Dieu Amma et l’ordre établi entre les puissances surnaturelles, les hommes alors immortels, les bêtes et les choses de la terre; ils décrivent ensuite une série d’événements qui bouleversèrent cet ordre et censément survenus au pays Mandé alors habité par les Dogons. L’apparition de la mort, jusqu’alors inconnue, chez les Andoumboulou, puis chez les hommes, par rupture d’interdit, est suivie de l’établissement d’un ordre nouveau. Un culte est rendu à l’âme du premier disparu, puis à celle de tous ceux qui, par courage, par contagion, meurent à leur tour. Les hommes inventent les rites du Sigui, des Funérailles, du Dama et créent l’institution des autels d’ancêtres(wagem) propres à régler d’une part le sort des âmes des défunts désormais sans support et, d’autre part, les rapports de celles-ci avec les vivants. « 

Lors de cette importante migration du Mandé vers le pays dogon, la résurrection d’un serpent mythique le Lébé, ancêtre commun aux trois tribus Dion, Ono et Arou s’acheva par l’installation du premier autel consacré au Lébé. (près de l’actuel Kani Bozon).

Le culte du Lebe

Le principal culte est celui du Lebe , dont le Hogon est le représentant.

L’autel destiné à cette célébration se trouve chez le Hogon et contient une parcelle de la terre de la tombe du Lebe emportée par les Dogon lors de leur migration.

D’autres autels, consacrés au Nommo, génie de l’eau, peuvent être répartis dans le village, dans une ginna ( maison de famille), sur la place du village, dans le champ du Hogon ou à l’entrée du village.

Le culte du Binou

Le culte du Binou est lié à la structure clanique et chaque clan réunit plusieurs lignages patrilinéaires. possède ses propres interdits : animal ou végétal ( ba-binu) et se déroule dans un sanctuaire dont la forme varie selon les villages. 

La porte du sanctuaire est souvent moins haute qu’un
homme debout et bloquée par de grosses pierres. Sur le toit, au-dessus de la porte, on place deux ombilics où l’on fait couler les bouillies de céréales et le sang des animaux sacrifiés ; entre les deux, une poutre supporte le « crochet à nuages ». 

Le culte du Binou a pour rôle de maintenir l’harmonie
entre les humains et les forces surnaturelles de la brousse.
Le prêtre totémique conserve son matériel à l’intérieur du bâtiment où il est seul à pouvoir pénétrer, car personne ne doit voir les signes secrets qui y sont tracés. La façade est couverte de signes noirs, blancs et rouges.

Les autels personnels

Les autels personnels se trouvent à l’intérieur des maisons.
En dehors des sanctuaires ou des grottes, les autels sont le plus souvent de simples tumuli en terre. On les bâtit avec une pierre levée recouverte de terre prélevée dans une mare en souvenir du Nommo ; cette terre est mélangée à des graines ou à celle provenant d’un autel plus ancien. 

Chaque individu possède deux autels, un « autel de tête » et un « autel de corps ».

Un autre aspect fondamental de la société Dogon est l’importance de l’Awa, société des masques, qui joue un rôle important au sein de la société. Les masques véhiculent une valeur symbolique et une valeur marchande à un niveau international.

La société des masques

La société des masques est une société initiatique constituée d’hommes circoncis. Elle intervient lors des cérémonies funéraires, notamment lors des funérailles et du dama (levée de deuil).

Les masques sont une véritable institution.

Certains masques, comme l’agriculteur, le guerrier Peul, le marabout ou le chasseur ne portent pas de
jupe mais un costume en tissu. Par opposition, les masques en bois servent à figurer des animaux ou encore les masques figurant un visage humain surmonté du symbole de l’animal représenté (singe blanc, kanaga, etc.).

 

Objets de cultes vivants, en prise directe avec la société dans son ensemble, les musées transformèrent ces masques en objet inanimés, appréciés pour leur valeur esthétique et les inscrivirent très rapidement dans une économie marchande extrêmement lucrative mais aussi extrêmement dangereuse pour l’équilibre de la société. 

La collecte de ces objets effectués lors de la mission Dakar-Djibouti (1931-1933), dirigée par Marcel Griaule servirent le Musée de l’Homme lors de sa création.

Ainsi, ces objets convoités par les antiquaires allaient créer de réelles difficultés parmi la
population qui par ailleurs devaient trouver des solutions économiques afin de répondre à ses propres désirs marchands ou encore afin de répondre aux conflits économiques engendrés par la sécheresse, les invasions de criquets etc..

Pour répondre aux désirs des touristes de pouvoir assister et de voir la société des masques se mettre en mouvement, nombreux furent les guides qui organisèrent des danses de masques sur la place des villages, ce qui permettaient aux danseurs de recevoir une petite rémunération et aux touriste de régler de fortes sommes d’argent pour « voir ».

Le Sigui enfin, cérémonie de transmission de savoir qui se déroule tous les 60 ans, temps d’une génération, se déroule sur sept ans. 

Il commémore la révélation de la parole orale aux hommes, ainsi que la mort et les funérailles du premier ancêtre. 

Jean Rouch a réalisé plusieurs films lors des dernières fêtes entre 1967 et 1974. 

Les prochaines fêtes devraient avoir lieu en 2027.

Aujourd'hui ...

Si la religion animiste était très répandue encore dans les années 1990, depuis une vingtaine d’années la conversion à la religion musulmane a largement éradiqué les pratiques ancestrales.

Entre les années 1970 et 2012, les activités touristiques provoquèrent un développement exponentiel de compagnies touristiques et de campements. On pouvait recenser jusqu’à 80 000 visiteurs par an à la fin de cette période. Cette activité s’est effondrée brutalement avec le début des événements politiques de 2012. L’incapacité du gouvernement d’Amadou Toumani Traoré de donner aux forces armées maliennes les moyens de défendre l’intégrité du territoire national permet au capitaine Amadou Haya Sanogo, grâce à un coup d’état militaire, de prendre le pouvoir.

La rébellion Touareg conjointe à l’apparition de mouvements islamistes dans le désert ont complètement déstabilisé le nord du Mali jusqu’à aujourd’hui. La crise politique à laquelle le Mali et le pays dogon sont confrontés provoque des déséquilibres profonds au sein des populations : disparition des revenus liés au tourisme, exode des jeunes vers les villes…

Patrimoine Mondial de l’Unesco

Les falaises de Bandiagara sont inscrites sur la Liste du Patrimoine Mondial en tant que bien mixte
(Culturel et Naturel) depuis 1989 [http://whc.unesco.org/fr/list/516]. 

En plus des paysages exceptionnels, ce « sanctuaire naturel et culturel » est riche en patrimoine culturel. Il comporte deux dimensions essentielles : le matériel (dessins, sculptures, monuments, nécropoles…) et l’immatériel (pratiques culturelles et savoir-faire).
L’art Dogon est mondialement réputé. Les masques, statuettes
et objets en bronze ont été exposés dans un grand nombre de musées internationaux.

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